Comment les TIC peuvent-elles être utilisées pour améliorer l’accès au marché des produits agricoles de votre pays ou région :Cas du Cameroun

Comment les TIC peuvent-elles être utilisées pour améliorer l’accès au marché des produits agricoles de votre pays ou région :  Cas du Cameroun

 

 

Le Cameroun, pays situé dans le golfe de guinée, couvre une  superficie de 475 650 km2  comptait au 1er Janvier 2010, 19 406 100 habitants (BUCREP, 3e RGPH, 2005).

 

 

  1. Production agricole  et contraintes

Le pays est doté d’une diversité  agro-écologique qui lui  assure la possibilité d’une large gamme de productions agricoles. L’annuaire des statistiques  agricoles 2006-2007 donne des chiffres assez éloquents sur  l’évolution des  productions et superficies par culture au niveau national : arachide (236951 ha); Maïs (562235 ha), Haricot (212862 ha), etc. Par ailleurs l'Institut National des Statistiques (2005) évaluait le PIB agricole en 2004 à  20%. L’analyse diagnostique du secteur révèle cependant des contraintes majeures à son développement dont : les  1/-difficultés d’accès aux marchés, 2/- faible productivité des exploitations, 3/- faible organisation des acteurs, 4/-insuffisance des crédits. Pour ce qui est principalement du point 1 les excédents commercialisables sont difficilement écoulés à cause de :

  • mauvais état des routes : L’explosion démographique urbaine  se traduit par une explosion concomitante de la  demande de produits alimentaires de base.
  • L’insuffisance des infrastructures de commercialisation : voir l’absence des espaces de commercialisation en zone rurale constitue un frein important pour le regroupement et la ventilation de l’offre des produits.
  • Le manque d’informations sur les opportunités du marché
  • Les faibles capacités managériales des acteurs (non maîtrise des techniques de négociation des producteurs).

 

  1.  Etat de la demande  au niveau national et international

Il convient de rappeler que le Cameroun fait jonction entre l’Afrique équatoriale  et l’Afrique tropicale. Son ouverture sur la mer  lui offre de nombreuses possibilités  commerciales. Au niveau national le marché se trouve très souvent mal approvisionné.  Les filières agricoles d’exportation ont été depuis l’indépendance, le principal moteur de l'élévation du niveau de vie, en assurant le développement des revenus monétaires en milieu rural. Le revenu du plus du tiers de la population du pays provient des cultures d’exportation produites par de petites exploitations familiales. Actuellement on recense beaucoup de partenaires internationaux (Union Européenne) et sous régionaux (Gabon, Nigeria, Tchad…) d’échange.   6 produits agricoles  majeurs constituent  l’essentiel du commerce extérieur des produits agricoles du pays (cacao, café, fibre de coton, banane, huile de palme, caoutchouc). Dans le cadre de la diversification des exportations agricoles, de nouveaux produits tels que l’ananas, le poivre, le haricot vert, le sésame se positionnent sur les marchés internationaux. Ainsi, 1218,5 tonnes d’« Ananas, Arachide, Haricot, Oignon, Piment» ont été exportés au poste de campo vers la Guinée Equatoriale en 2007(annuaire des statistiques  agricoles 2006-2007). Ceci dénote de l’importance du marché agricole au Cameroun ; mais n’augure pas nécessairement d’une meilleure mise à profit de ces productions.

 

  1.  État des TIC

Le processus de restructuration  du secteur des postes et télécommunications au Cameroun   a permis de mettre en place un cadre  qui consacre :

  • La mise en place d’un projet intitulé : «e-goverment»

Pour accroître l'efficacité des services publics, réduire les coûts et les risques encourus par les citoyens, les TIC à travers la gouvernance électronique jouent un rôle important par l'extension virtuelle des services administratifs dans les zones où l'administration n'est pas physiquement présente. Ceci est  réalisé grâce aux services fournis par l'internet de manière sécurisé dans les bureaux de Poste ou  les (TCP)[1]  Dans la même lancée ce projet pourra  favoriser la maturité du commerce  en ligne.

  • La mise sur pied des projets en faveur des zones rurales tel : «le projet d’implantation des Télécentres Communautaires Polyvalents dans plus de 150 localités». (www.minpostel.gov.cm/telecentre)

 

Le poste radio (environ 5 ménages sur 10) et le téléphone mobile (environ 3 ménages sur 10) sont les outils de communication les plus répandus et les plus utilisés dans les ménages camerounais aujourd’hui(BUCREP, 3e RGPH, 2005). Par contre moins de 7% des ménages en zone rurale possèdent un poste téléviseur parce que très couteux et nécessitant de l’énergie électrique pour son fonctionnement.

 

  1.  Apport des TIC dans l’amélioration de l’accès au marché

L’avènement des coopératives agricoles au Cameroun, l’implication des jeunes diplômés dans le domaine de l’agriculture offre des perspectives nouvelles. Dans l’optique d’améliorer l’accès au marché des produits agricoles, en partant des problèmes rencontrés par les producteurs,

des moyens de communication les plus utilisés en zone rurale, des accompagnements mis en place par l'État ainsi que des services offerts par certaines entreprises, notre proposition est axée autour d’une stratégie déclinée en quatre fondamentaux. Il s’agit de la création et l’utilisation d’un réseau d’information, d’échange et de formation  réunissant tous les producteurs et autres acteurs nationaux/internationaux à travers un(e):

 

a- Emission radio « Agri-Info » hebdomadaire

Un expert vulgarisateur l'animera en langue locale, communiquera sur l’évolution des prix de matières premières, la  variation des prix de produits sur les marchés locaux, les circuits de distributions, les unités et techniques  de transformations et de stockage, les techniques managériales et de ventes.  La parole sera donnée aux spécialistes, aux producteurs afin  exposer leurs problèmes et partager leurs expériences. Le vulgarisateur opèrera une descente bimensuelle sur le terrain pour une communication directe avec les agriculteurs. La radio communautaire sera connectée à internet pour la mise à jour de ses informations par une liaison wifi à un TCP, liaison qui coûte peu chère car peut se réaliser à base de matériaux locaux (Antenne à base de boîtes de sardines, ricorées  récupérés…).

 

b- Flotte privée de communication

Elle rassemblera les différents producteurs du pays, permettant une communication illimitée entre eux contre le payement d'un abonnement fixe par mois. Ainsi la circulation de l’information sera optimisée et rendue fluide. Cette plateforme   signera un contrat préférentiel avec un opérateur de téléphonie mobile pour leur faciliter la circulation de l’information au sein de leur organisation à travers les appels et les SMS. Une équipe technique[2]  répondra  aux préoccupations individuelles des producteurs à partir d’une  fonctionnalité audio disponible: Ceci se fera à travers la réception d’un message qui invite le producteur à appeler un numéro spécifique pour écouter un fichier audio sur les informations demandées. Le cas du Burkina Faso au sein de l'Union Nationale des Producteurs de Coton(UNPCB) est un exemple de réussite.

c- Centre de connaissance villageois

Il  utilisera le matériel mis à disposition par  les TCP pour offrir des services  très diversifiés et surtout définis selon les besoins locaux en information. Il y aura   des informations, administratives, techniques et commerciales agricoles, des formations techniques et managerielles, des informations administratives, etc. Plusieurs moyens de communication seront utilisés pour assurer les échanges, le bon déroulement des formations ou des campagnes de sensibilisation parmi lesquels: Tableaux d'affichage, projection,  haut-parleurs... Un agent de relais communautaire(ARC) ayant des connaissances en TIC, agriculture et  animation communautaire assistera les producteurs dans la recherche des informations et l’ouverture à la toile internationale dans le  salon virtuel communautaire(SVC). Le SVC,  plateforme web sécurisée qui intègre une base de donnée géo-référencée sous forme de SIG[3],  voix, données et vidéo. Par ailleurs, il permettra  la liaison des communautés rurales entre elles avec des sources d’informations (évolution des prix de matières premières, variation des prix de produits, circuits de distributions, adresses des producteurs, exportateurs, fournisseurs...) et un espace de promotion, vente et de négociation en ligne appuyée par des visioconférences. La configuration des TCP qui met à disposition un accès haut débit par satellite permettra la fourniture d’un tel service.

 

d- Réseau wifi communautaire

A la 3ième année de fonctionnement des éléments précédents (a,b,c), partant du principe que les producteurs ont déjà une bonne connaissance de l’utilisation des TIC, on mettra sur pied un réseau wifi communautaire propre aux zones rurales qui interconnectera les producteurs entre eux,  la radio locale et le TCP. La particularité de ce réseau est son architecture décentralisée(maillée), offre des services de communication Triple Play[4] gratuit en interne, moins coûteux (Antennes  à base de matériaux locaux tel boîte de sardines, utilisation des logiciels libres(gratuits)….). Chaque producteur achètera  un ordinateur seconde main, les antennes se fabriqueront en local, les logiciels téléchargés gratuitement sur internet. Le principe est la participation communautaire, les ressources seront partagées. C'est-à-dire un producteur plus nanti ou élite villageois pourrait partager sa connexion internet. Les panneaux solaires seront d'une  utilité dans les zones qui n'ont pas l'accès à l'énergie électrique.

 

Ce travail est basé  sur la conviction que l’accès aux  informations pertinentes peut donner du pouvoir de choix aux villageois. Il est à noter qu’une implication importante de l'État et des ONG en vue de mobiliser les agriculteurs à se diriger vers les centres d’informations agricoles sera nécessaire pour vulgariser ledit projet.  Ainsi les plus pauvres pourront bénéficier du fruit de leur travail et l’agriculture du pays pourra se tourner vers une agriculture de rentes.

     

 

                                   ARCHITECTURE RESEAU WIFI COMMUNAUTAIRE

 

wifi communautaire

 

 D'autres articles traitant des problématiques similaires sont accessible depuis le site: http://ardyis.cta.int



[1]    Infrastructure commune dispensatrice des services de télécommunications, informatiques, audiovisuels et Internet à partir d'un terminal ou des terminaux mis à la disposition d'une communauté rurale afin de lui permettre de communiquer à   prix abordable.

[2]    Constituée des ONG, structures Etatiques spécialisées dans l’agriculture…

[3]        Système d'information Géographique

[4]     Technologie alliant voie, vidéo et données sur un même support