Foire agropastorale Ebolawa 2011, Cameroun du 17 - 22 janvier 2011"

Publié le par Gaby

100 1843

Du 17 au 22 janvier 2011, s’est tenu dans la région du Sud Cameroun, plus particulièrement au village « NGALAN  YEVU » une foire agropastorale qui réunissait 1300 professionnels de tous les secteurs. la région du sud est la quatrième région du Cameroun avec ses 47.720 km² de superficie, son chef lieu est Ebolawa, possède une façade maritime sur le golfe de Guinée, laquelle occupe tout son flanc occidental,  sa partie méridionale quant à elle est limitrophe de trois pays : la Guinée-Équatoriale, le Gabon et la République du Congo.

 La dernière foire agropastorale qui avait eu lieu à Bamenda date de 1987 (24 ans). Cet évènement exceptionnel qui a coutume de se tenir après une certaine période, est un catalyseur de développement. En effet son organisation entraîne la construction ou la mise sur pied de différents chantiers entre autre : les routes, les hôtels, les hôpitaux et autres bâtiments administratifs. Son caractère «d’ agent de développement » est d’ailleurs l’une des raisons qui a poussé aux multiples reports. L’événement ayant déjà parcouru les 9 autres régions, Ebolowa 2011  était alors la dernière région, des 10 régions que compte le Cameroun.  Le comice agropastoral d’Ebolowa s’est étalé sur 6 jours et sur une superficie de 50 hectares, a vu la participation de :

-14 filières agricoles (filière maïs, filière banane plantain, filière manioc, filière riz, filière avicole, filière bovine, filière porcine, filière halieutique, filière de petits ruminants, filière apicole, filière café, filière huile de palme, filière cacao, filière élevage non conventionnel).

-  Des institutionnels et des agroindustriels.

-  Du monde artistique et traditionnel.

Initialement prévu en fin Décembre, le comice agropastoral d’Ebolawa était non seulement un lieu d’exposition vente de produits mais aussi un milieu d’échange, de partage d’expérience et d’informations. La présence des institutions agricoles tels que : l’IRAD, la voix du paysan, le CTA (Centre Technique à la coopération Agricole et rurale ACP-UE) à travers des représentants, d’organisations  d’agriculteurs, des institutions publiques (ministères…),en est une preuve. Durant 6 jours le Cameroun a démontré aux yeux du monde 

ses énormes potentialités agricoles, artistiques et dans le milieu agroindustriel.

Une fois de plus l’Afrique, je veux dire le Cameroun prouve qu'il a de réels potentialités .On n’avait qu'à voir la diversité des cultures qui s’y trouvait pour en témoigner. Mais malheureusement le constat qu’on fait est que  la grande majorité de ces productions est destinée à l'exportation. Aujourd’hui  au Cameroun, nous avons de grande production de Riz, de maïs et bien d'autres, mais on se retrouve toujours entrain de consommer du riz de Taïwan, de la farine de chine ou tout simplement des produits importés. Ce qui est source de pauvreté et de malnutrition. Un grand homme politique camerounais affirmait je cite :" nous consommons ce que nous ne produisons pas et produisons ce que nous ne consommons pas". C'est un réel problème, les politiques devraient penser à mettre en œuvre des directives pour encourager la consommation

des produits locaux. Le Nigéria a notamment fait une avancée dans ce sens, en imposant aux producteurs de pain un pourcentage de patate et maïs dans la fabrication du pain. Il n'est pas normal que nous ayons d'énormes productions et que nous soyons dépendants de l'extérieur. Durant le sommet de l'union africaine le 29 juillet 1987 à

Addis Abeba, le révolutionnaire Thomas Sankara déclarait je cite: «faisons en sorte que le marché africain soit le marché des Africains, produire en Afrique, transformer en Afrique et consommer en Afrique. Produisons ce donc nous avons besoin et consommons ce  nous produisons au lieu d'importer». Il poursuivait son propos en mettant en valeur

les tisserands Burkinabés, en soulignant notamment que sa délégation était vêtu par ceux ci et que toute la matière première (coton) provenait du Burkina Faso. Ceci est un message qui date de  1987(il ya 24 ans), devrait inspirer les jeunes et particulièrement les gouvernements, qui sont la pièce maîtresse pour que les choses se mettent effectivement en place.

Un autre facteur que nous avons relevé et qui constitue un réel problème pour l'agriculture rural est la gestion des productions après la récolte(post-recolte). En effet on se rend compte

que beaucoup de productions sont perdues après les récoltes à cause de la pratique de  mauvaises techniques de conservation  ou même de l'inexistante. Ceci touche principalement les cultures vivrières qui sont généralement consommés à l’état frais (tels : tomates, végétaux, avocats, mangues, ananas, papayes...........etc.). Actuellement  dans les écoles, il ya pas de filière répondant à ces attentes. Faudrait alors que le gouvernement pense à proposer des formations qui cadrent avec les réalités africaines, car ce n'est que de cette façon que les actions pourront avoir un réel impact.

Durant notre prospection des stands, les agriculteurs  m'ont aussi fait part de la difficulté qu’ils avaient à écouler leurs productions. Les problèmes rencontrés sont principalement : le mauvais état des routes, le manque d’informations sur les opportunités de marché (demande sur le marché, prix pratiqué……etc), insuffisance des infrastructures de commercialisation. Face à célà nous proposons une solution qui passe par l’usage des Nouvelles Technologies de l’information et de la Communication. Une étude a été faite à ce sujet et sera publiée dans le prochain article, avec comme intitulé : « Comment les TIC peuvent-elles être utilisées pour améliorer l’accès des produits agricoles  au marché : Cas du Cameroun », que je vous invite à lire.

                                              By Gaby

Commenter cet article